Pêche artisanale : Lena Westlund parle des enjeux des directives volontaires

0

La Confédération africaine des Organisations professionnelles de pêche artisanale (CAOPA) a organisé à Banjul, en Gambie, un atelier de 48 heures, en prélude à la célébration de la journée mondiale de la pêche. Sous le thème : « définir un agenda panafricain pour une pêche artisanale durable », la rencontre a réuni des organisations professionnelles de la pêche artisanale maritime et continentale de 24 pays d’Afrique de l’Ouest, du Centre, du Nord, d’Afrique de l’Est, et de l’Océan indien.

A l’occasion, SIPANEWS a tendu son micro à la représentante de la FAO, Lena Westlund. Elle travaille sur la mise en œuvre des directives  volontaires (DV) de la pêche artisanale. C’est un instrument international, disponible depuis 2014, qui a été développé avec la participation des acteurs de la pêche artisanale du monde.

Lisez !

SIPANEWS : Quelle est l’importance de réunir les acteurs de la pêche artisanale ici à Banjul, cette année ?

Lena WESTLUND : C’est une initiative très importante, parce que les acteurs de la pêche artisanale sont les premières parties prenantes dans la mise en œuvre des directives. Il faut absolument qu’ils soient impliqués dans toutes les actions sur la mise en œuvre des directives. On dit que les gouvernements sont responsables du programme de la mise en œuvre des directives, mais  il faut que ça se fasse avec une participation des parties prenantes.

Quelles sont les actions pratiques à mettre en œuvre dans ce programme ?

Les directives sont très complexes d’une manière, parce qu’ils s’occupent de la pêche de la pêche responsable mais aussi le développement social et économique. Elles sont  valables pour toute la chaîne de valeur. La pêche telle que,  mais aussi le secteur post-capture touche les activités liées à la pêche artisanale. Il y a beaucoup de choses à faire, et ça dépend de la situation actuelle d’un pays ou une localité spécifique. Mais l’importance pour assurer l’utilisation de l’approche des droits de l’homme pour s’assurer que les actions qu’on fait ou qu’on décide de faire dans un pays ou dans une localité sont améliorer pour les acteurs et pour les communautés.

Quels sont les enjeux ?

Les enjeux du secteur de la pêche artisanale sont complexes. Si on parle déjà de la gestion de pêche responsable, il y a beaucoup de choses qui sont difficiles. Maintenant on veut aussi regarder en même temps le développement social et économique. Et ça veut dire aussi qu’on travaille traditionnellement avec le département de pêche qui est une contrepartie principale de la pêche. Mais il y a aussi des aspects des directives qui sont en dehors du mandat des départements de pêche.  Quand on parle de l’emploi au plan social en ce qui concerne la santé, les écoles et d’autres choses qui sont primordiales pour  la vie des communautés de pêche.

Concrètement comment la FAO appuie les acteurs de la pêche artisanale dans les différents pays?

La FAO aimerait bien assis ter tous les acteurs dans tous les pays, mais le problème vient du fait que ce n’est pas vraiment faisable. Alors, jusqu’à maintenant, on a surtout essayé d’agir sur le niveau global et régional et renforcer aussi les capacités des organisations qui peuvent à leur tour donner aussi un appui. Mais la FAO travaille dans quelques pays, et on donne aussi un appui plutôt direct aux gouvernements et aux organisations du secteur de la pêche artisanale pour qu’ils puissent mener certaines activités. Une  possibilité, c’est de mettre en place un plan national de la mise en œuvre  des directives pour guider de ce qu’on va faire dans un pays.

Quels sont les défis à relever à court terme ?

A court terme, je pense qu’il y a toujours un besoin aussi de sensibiliser tous les secteurs et les gouvernements sur l’existence des directives et de leur importance. Les directives ne s’occupent seulement de la pêche mais d’autres secteurs aussi. Il y a un challenge de coordination au niveau national, dans un pays. Comment on peut travailler ensemble entre ministères différents pour avoir une approche holistique.

Un mot de la fin ?

Je suis très contente que la CAOPA  a organisé cette réunion avec la collaboration du gouvernement  de la Gambie et de ses partenaires. Je trouve que ça c’est très bon signe qu’il y a la société civile qui prend vraiment l’initiative de faire ça. Et je pense que ça c’est aussi quelque chose pour les futures organisations et les acteurs eux-mêmes qui commencent à prendre des initiatives pour que les choses puissent avancer.

Entretien réalisé par Aliou Diallo

Please follow and like us:
Share.

About Author

Leave A Reply

Copyright © SIPA | by: ZEPINTEL