Nairobi : Droits de l’Homme, pêche et aquaculture durable en Afrique au menu d’une rencontre

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Des experts Africains sont en conclave à Nairobi (Kenya) du 31 juillet 1 août 2019. Ils échangent autour de ‘’l’opérationnalisation d’une approche fondée sur les droits de l’homme de la pêche et de l’aquaculture durable dans la région africaine’’.

Présent à la rencontre, le président de la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (CAOPA), Gaoussou Guèye, a fait une présentation sous le thème : ‘’Défis pour le respect des droits humains dans la pêche, particulièrement dans la pêche artisanale’’.

Gueye a déclaré que le secteur de la pêche, notamment artisanal, occupe une place importante dans l’économie des pays africain. ‘’Il joue un rôle déterminant dans le développement social, économique des communautés côtières’’, précise-t-il, ajoutant que la bonne gestion de la pêche artisanale passe ‘’nécessairement’’ à la promotion de sa durabilité, en défendant les droits des millions d’hommes et de femmes qui sont actifs dans le secteur’’.

Selon lui, en Afrique, la surexploitation des ressources halieutiques est devenue ‘’une question cruciale’’, les femmes sont les premières à être affectées et les conséquences font que ‘’beaucoup de pêcheurs ne ramènent plus dans leurs filets de quoi approvisionner les femmes transformatrices, micro-mareyeuses et mareyeuses’’.

Aussi, poursuit Gaoussou Guèye, elles subissent directement la mauvaise gestion des ressources et doivent également faire face à la concurrence déloyale d’autres acteurs, comme les usines de transformation du poisson en farine, qui les privent de poisson et les empêchent de contribuer à la sécurité alimentaire des populations’’.

Travailler dans des conditions précaires sans soin adéquat ni d’éducation !

Abordant les conditions dans lesquelles travaillent aujourd’hui les hommes et les femmes des communautés côtières, le président de la CAOPA souligne que celles-ci ‘’sont dignes du moyen âge’’.

Monsieur Guèye explique que ‘’la plupart des femmes transformatrices vivent dans la fumée qui les rend, elles et leurs enfants, malades. Ni les femmes, ni les hommes des communautés côtières n’ont accès, à un prix abordable aux services publics essentiels à la bonne marche de leurs activités : services d’enlèvement des déchets durs et hygiéniques, eau potable, sources d’énergie. Les enfants en bas âge ne bénéficient pas de crèches ni d’écoles qui soient proches des lieux de pêche et de transformation du poisson’’.

Pour traiter de manière adéquate cette problématique, le défenseur des professionnels et autres acteurs de la pêche artisanale durable, préconise que la question de la santé, de la sécurité au travail soit ‘’une partie intégrante de la politique des pêches de nos pays et des initiatives de développement’’.

Gaoussou Gueye, estimant que la ‘’croissance bleue’’ est basée sur l’affirmation selon laquelle la transition vers une économie bleue doit être pilotée par des investisseurs privés et constitue une grande opportunité d’affaires, a regretté que le fait que l’amélioration des conditions de travail et de vie dans nos communautés est malheureusement sous la menace actuellement de stratégies de “croissance bleue” qui ne profitent pas à la pêche artisanale.

Gueye pense qu’il est ‘’peu probable’’ que cela sauve les écosystèmes sur lesquels repose la pêche artisanale, tout en ne réduisant pas l’inégalité croissante.

Dans le futur, une autre vision est nécessaire. Celle-ci, préconise le président de la CAOPA, ‘’doit rejeter la promesse d’une croissance économique accrue, d’une dépendance vis-à-vis du financement privé et des systèmes de conservation fondés sur le marché, et qui doit prévoir des systèmes audacieux de redistribution’’.

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