Mauritanie : Gérer l’effort de pêcher pour réduire le gaspillage

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Si les pêcheurs artisans ont de nombreuses demandes vis-à-vis de leur gouvernement, ils prennent aussi des initiatives pour relever des défis difficiles. Lorsque les captures sont énormes alors que le marché est restreint, cela entraîne le gaspillage de poissons qui pourrissent entre les mains des pêcheurs, faute d’acheteur.

Ce fut malheureusement la situation pendant des années en Mauritanie. « Avant 1998, il n’y avait pratiquement que le marché local comme marché pour les petits pélagiques. C’était un marché très restreint et les captures étaient énormes. Donc il y avait du gâchis. Il y avait tout le temps des tonnes d’invendus qui étaient jetées », se souvient Djibril Diabaté, membre de la section sud de la FNP.

Les pêcheurs décident d’agir et mettent en place une commission de gestion de l’effort de pêche en 1998. « La commission avait pour rôle de réguler le marché de sorte que la production réponde tout simplement à la demande du marché », explique Djibril Diabaté. « Vu que l’effort de pêche était plus élevé que la demande, il a fallu le fractionner en trois groupes, chaque groupe allant pêcher un jour sur trois. Et si la demande augmente, on fait deux groupes. C’est à la fois une forme de préservation des ressources et de valorisation des captures », ajoute-t-il.

Cette initiative voulue et mise en œuvre par les pêcheurs eux-mêmes a permis de revitaliser le marché du pélagique. « Au début, l’administration croyait que nous avions créé ce système juste pour pouvoir vendre le poisson plus cher. Heureusement l’administration a compris que notre objectif c’est d’organiser les acteurs pour faire une pêche responsable », confie Abdoul Karim Diène, un des pêcheurs à l’origine de cette initiative.

Au fil des années, la commission de régulation de l’effort de pêche est devenue la Coopérative des Sennes Tournantes. « C’est le mode d’organisation qui a changé, mais l’objectif n’a pas changé. Au niveau des captures, la priorité est toujours accordée à la consommation locale, ensuite il y a le marché de la congélation. Le marché de la farine ne vient qu’en dernier ressort, quand il n’y a plus de destination possible pour les captures », fait comprendre Djibril Diabaté.

Inoussa Maïga

@MaigaInou

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