Ghana : Appel au gouvernement pour soutenir l’aquaculture

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Après avoir travaillé à l’Université Kwame Nkrumah des Sciences et de la Technologie (KNUST), Nana Kweku Siaw a acquis une ferme à Anwomaso, non loin de Domeabra, pour s’engager dans l’aquaculture, que beaucoup de gens ne considèrent pas comme lucrative.

En 1998, il a décidé de déplacer sa ferme à Domeabra, car il avait besoin d’un terrain plus spacieux pour développer ses activités. Et petit à petit, il a commencé la construction des étangs et il a développé de nouvelles activités pour avoir une ferme de 10 hectares, employant une moyenne de 15 personnes.

Malgré les difficultés au départ, la main-d’oeuvre et le travail acharné ont été très bénéfiques. En 1999, Nana Kweku Siaw a été récompensé en tant que « meilleur producteur aquacole de la Région d’Ashanti » et il a également remporté le « Trophée d’or en aquaculture » en 2004, au First Atlantic Excellence Awards organisé sous les auspices du Manhyia Palace.

Dans un entretien avec Nana Kweku Siaw, lors d’une visite dans une communauté de pisciculture à Ashanti, il ressort clairement que sa situation a bien évolué depuis ses débuts.

Avec un engagement et un vrai désir de continuer, les nombreuses années de travail l’ont permis de progresser, malgré les défis auxquels le secteur est confronté. Avec une croissance soutenue des affaires, Nana Kwaku Siaw, directeur général de Kumah Farms, a maintenant 26 étangs où il élève principalement deux espèces : le poisson-chat et le tilapia.

Il a un site d’éclosion, où les alevins sont séparés avant d’être transportés aux étangs de grossissement. Dans la production aquacole, il y a des barrages, des bassins, des pirogues et de petits résolveurs. « Ça coûte très cher pour mettre en place tout ça avant de pouvoir commencer sa production aquacole », a-t-il déclaré.

Bien qu’étant une activité rentable, l’aquaculture nécessite des investissements importants. Selon lui, le coût de l’aliment des alevins et du poisson, ainsi que la logistique et l’équipement nécessaires pour production sont très coûteux et difficiles à obtenir.

Nana Siaw a déclaré que si le gouvernement pouvait renoncer aux taxes sur les importations des équipements aquacoles, cela permettrait aux pisciculteurs d’améliorer considérablement leur production et leur rendement.

Il a noté que beaucoup de pisciculteurs manquent d’équipement comme le pH-mètre, permettant de mesurer le pH de l’eau pour déterminer le niveau d’air dans l’eau.

Il souhaite que le gouvernement apporte plus de soutien à ceux qui travaillent dans l’aquaculture, au lieu de canaliser tout le soutien à ceux qui pratiquent la pêche de capture.

Malgré les difficultés du secteur, il est clair que de nombreux Ghanéens s’intéressent de plus en plus à l’aquaculture, vue que les stocks de poissons marins et d’eau douce diminuent.

Certains experts disent que c’est à cause de l’impact du changement climatique, et à l’épuisement d’autres ressources aquatiques essentielles, conséquences d’activités humaines.

Cependant, le poisson demeure une source importante de protéines pour de nombreux Ghanéens, tout en étant l’un des produits d’exportation non traditionnels les plus importants du pays. Et son épuisement aura des répercutions énormes.

Il a été estimé qu’en 2012, la demande de poisson était de 968 000 tonnes pour répondre à la consommation de poisson du pays. Mais la production annuelle pour cette année était de 486 000 tonnes, ce qui représente environ 50,2% de la quantité estimée. En 2014, la consommation de poisson était estimée à un million de tonnes, soit plus que les 900 000 tonnes consommées en 2013.

Toutefois, compte tenu du déficit important de la production de poisson dans le pays, on constate qu’environ la moitié du poisson consommé localement est importé, car les producteurs de poisson locaux luttent pour répondre à la demande.

Selon un article du Business & Financial Times, « en 2015, seules 400 000 tonnes ont été fournies par les captures du pays en mer et par la production aquacole, le reste étant importé à un coût d’environ 200 millions USD par an ».

En outre, l’article indique que « pour inverser la situation, le gouvernement devrait rationaliser les processus d’acquisition des terres pour le développement de l’aquaculture, résoudre les problèmes d’électricité et bloquer la tarification des droits illégaux par diverses assemblées, entre autres ».

Ce sont pour ces raisons et d’autres que Nana Kweku Siaw a dit qu’il est temps que le gouvernement concentre son attention sur l’aquaculture dans le pays.

Il a déclaré que tous les trois mois, près de 5 000 SGH est dépensé sur 1000 tonnes d’alevins pour produire le poisson-chat et le tilapia. Il demande une ligne directrice ferme pour développer et soutenir l’industrie locale de l’aquaculture au lieu de dépenser d’énormes sommes d’argent pour importer le poisson dans le pays.

Mais comme certains éleveurs de poisson locaux attendent de voir comment ces appuis gouvernementaux pourraient transformer l’industrie de l’aquaculture, d’autres continuent leur petit chemin dans l’espoir de faire prospérer malgré tout leur activité.

Par Richmond Frimpong et Kizito Cudjoe.

Traduction : Nawsheen Hosenally (Twitter : @Nawsheenh)

Richmond Frimpong est le rédacteur adjoint de nouvelles au fox 97.9 FM et Président National de l’Association des journalistes de l’agriculture et du développement rural du Ghana.

Kizito Cudjoe est éditeur en ligne pour Gardja, et correspondant régional d’Ashanti de Business and Financial Times.

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