Burundi : Des jeunes sortent du chômage grâce à la pisciculture

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Dans le lac Tanganyika, le poisson se fait de plus en plus rare. Ce qui se remarque dans les assiettes des Burundais. Entre 2000 et 2012, les captures ont chuté de 20.000 t/an à 10.000 t/an selon la direction de la pêche.

A Bubanza, à 27 km de Bujumbura, dans l’Ouest du Burundi, une cinquantaine de jeunes, pour la plupart des étudiants ou diplômés au chômage, y ont vu une opportunité pour réaliser de bonnes affaires, en se lançant dans la pisciculture. Ils ont créé en mai 2014 la Coopérative piscicole de multiplication et de commercialisation du poisson (COPIMUCOPO).

Avec quatre étangs au départ, la coopérative compte 50 étangs aujourd’hui. « Dans les six premiers mois, nous avons eu trois tonnes à l’hectare. Mais, actuellement, la production tourne autour de cinq tonnes », indique Cyriaque Ndayiragije, porte-parole de la COPIMUCOPO.

La force physique, un capital important

« Pour commencer, nous avons utilisé notre force. Avec des houes, des perles, nous avons creusé des étangs, certains avec 20 m sur 40 m, d’autres avec 40 m sur 50 m », raconte M. Ndayiragije. Ils ont ensemencé chaque étang avec environ 2400 alevins. Par la suite, l’eau a été fertilisée pour avoir des phytoplanctons. Précisons que ces jeunes ont été formés en pisciculture en Ouganda et profitent de l’expertise de Déo Karega, un pisciculteur Burundais formé en Egypte.

Ils élèvent principalement le tilapia. « Au début, on élevait des poissons mixtes. Après avoir constaté que ce n’est pas productif, nous avons opté pour les poissons mono sexes mâles », raconte M. Ndayiragije. Ils procèdent par la reproduction semi-artificielle. Une façon d’avoir aussi des petits poissons vendables à d’autres pisciculteurs.

Les jeunes pisciculteurs se démarquent en mettant sur le marché du poisson de bonne qualité et à des prix très compétitifs. Avec eux, les consommateurs achètent le kilo de poisson à 5100 Fbu le kilo, soit environ 3 $. C’est trois fois plus en ville dans les poissonneries. Malgré tout, la COPIMUCOPO réalise un chiffre d’affaires mensuel de plus de 3 millions de francs burundais, soit autour de 1800 $.

Des lendemains meilleurs

photo2« J’étais au chômage, malgré un diplôme universitaire. Actuellement, grâce à cette coopérative, j’ai pu me réinscrire dans une université privée. Et j’ai déjà acheté une parcelle », se félicite Cyriaque Ndayiragije. Il ne doute pas des lendemains meilleurs. Célestin Ndikumana, un autre membre de la coopérative ajoute : « Avec notre projet, on ne compte plus sur le gouvernement pour avoir du travail ». Par ailleurs, il précise qu’ils sont devenus des employeurs : « Nous avons engagé sept personnes : trois veilleurs, deux chargés de la propreté et deux autres pour le suivi de la qualité d’eau. Ils reçoivent en moyenne 36 $ par mois (61200Fbu) ». Au Burundi, le salaire moyen est de 100 mille Fbu (58 $). Cette coopérative compte 50 membres.

Après chaque récolte, une part des recettes est épargnée dans un compte bancaire tandis que l’autre est partagée équitablement entre les membres.  La suite ? Les jeunes pisciculteurs projettent installer leur première poissonnerie, un point de vente de leurs productions. « Nous allons l’installer en face d’un grand marché pour permettre à nos clients de s’approvisionner sans faire un long trajet », révèle M. Ndayiragije.

Introduite au Burundi dans les années 1950 par les colonisateurs, la pisciculture a connu un faible développement jusque-là du fait du manque d’intérêt et de l’absence de soutien. Aujourd’hui, on note quelques actions d’encouragement du gouvernement en faveur de cette activité. C’est ainsi que quelques stations piscicoles ont vu le jour dans différentes localités du pays : Karusi et Gitega (au centre), Kirundo (au Nord), périphérie de Bujumbura et Bubanza (Ouest).

Rénovat Ndabashinze

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