Accords de pêche avec l’UE : des professionnels africains veulent être impliqués dans les négociations

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Des professionnels africains de la pêche artisanale sont en train de
travailler à la mise en place de stratégies leur permettant d’être
impliqués dans les négociations devant aboutir à des accords de pêche
avec l‘Union européenne (UE).

‘’Avec nos collègues professionnels de la pêche artisanale de la
Mauritanie, de la Guinée-Bissau et de la Gambie, ainsi que des
responsables du Conseil national interprofessionnels de la pêche
artisanale (CONIPAS) et de la Fédération nationale de pêche (FNP) de
la Mauritanie, qui sont membres de la CAOPA, nous avons jugé
nécessaire de voir comment s’impliquer dans les futures négociations
des accords de pêche avec l’UE’’, a expliqué M. Guèye.

Pour une meilleure efficacité de leur implication dans les prochaines
négociations, les professionnels de la pêche artisanale de ces
différents pays frontaliers ont estimé qu’il devait être accompagnés
par les instituts de recherche pour connaitre avec exactitude
l’évolution de la ressource halieutique au niveau de leurs pays
respectifs, a-t-il dit lors d’un atelier sur le thème : ‘’Pour une
approche concertée des négociations des accords de pêche en 2019 entre
l’Union européenne (UE), le Sénégal et la Mauritanie : priorité pour
une pêche artisanale durable’’.

A l’initiative de la CAOPA, cette rencontre de deux jours, a
enregistré la présence de délégué venus de la Gambie, de la
Mauritanie, de la Guinée-Bissau et de Belgique.

‘’Aujourd’hui, si on appliquait scrupuleusement la convention sur les
droits de la mer, aucun accord de pêche ne serait signé s’il n’y pas
de surplus sur le stock’’, a souligné Gaoussou Guèye qui précise que
l’accord de pêche entre l’UE et le Sénégal concerne le thon, avec la
possibilité pour deux navires merlutiers de pêcher avec des prises
accessoires de 29%. Ce qui apparait ‘’excessif’’ aux yeux des acteurs
de la pêche artisanale.

C’est pourquoi, au cours de cet atelier, les professionnels se sont
pencher sur l’utilité de l’appui sectoriel, la transparence dans la
gestion de la ressource ainsi que les sociétés mixtes qui, si l’on en
croit Gaoussou Guèye, peuvent être ‘’dangereuses’’ pour certains comme
le Sénégal.

‘’Ces sociétés mixtes-là doivent être accompagnées et voir leur
implantation au Sénégal, parce qu’elles utilisent le pavillon Sénégal.
Et puisqu’on veut lutter contre la pêche INN, il faut mettre à la
disposition des professionnels du secteur et des communautés de pêche
les informations liées à la gestion de la ressource. Entre la
disponibilité de l’information et son accessibilité, il y a une
différence’’, a martelé le président de la CAOPA.

Selon lui, dans la Constitution de la plupart des pays de la région,
il est bien stipulé que ‘’les ressources naturelles appartiennent au
peuple et non aux Etat’’, même si leur gestion incombe aux décideurs
politiques qui, à son avis, doivent faire preuve de transparence et de
bonne gouvernance ‘’pour une gestion durable et saine de la ressource
halieutique’’, afin d’en faire profiter aux générations actuelles et
futures.

Assane DEME

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